source : CNT
LETTRE OUVERTE AUX ELUS DIVERS ET VARIES,
AUX REPRESENTANTS DES ADMINISTRATIONS
ET AUX CHAMBRES CONSULAIRES
Nous faisons cette lettre ouverte afin de vous faire part à vous tous, acteurs (ou plutôt spectateurs ?), de ce qui nous semble indispensable de mettre en œuvre sur le bassin du Vigan.
Certes, ce n’est pas notre métier, mais une grande partie d’entre vous est dans le même cas. Nous, nous avons un grand avantage sur presque vous tous : nous sommes des habitants du Vigan et de ses environs et, demain, nous et nos enfants seront touchés de plein fouet par la situation du bassin d’emploi. Nous, habitants du Vigan, subirons une crise majeure car non anticipée par vos soins. En effet, depuis 20 ans, lentement mais sûrement vous avez laissé le bassin d’emploi péricliter. Oh ! vous avez tenu de beaux discours mais concrètement rien n’a été fait. Certains d’entre vous prétendent ne pas avoir à rougir de ce qu’ils ont fait, nous, nous prétendons le contraire. La chute du textile était une évidence pour tout le monde, sauf pour vous. Vous avez préféré faire la politique de l’autruche et attendre, attendre …
Que croyez vous qu’il se passera demain au Vigan avec un taux de chômage à 25 % ?
Vous risquez fort d’avoir à gérer des situations de crise …
Aujourd’hui, il faut un véritable plan de sauvetage, appelez le « plan marshall », « plan orsec » mais mettez le en œuvre. Il n’y a pas que dans les banlieues des grandes villes que les problèmes existent. N’attendez pas que les voitures et les bus brûlent au Vigan. N’attendez pas que le Vigan fasse la Une des journaux télévisés pour réagir !
Tout d’abord il faut prévoir un maintien mais aussi une amélioration des structures existantes
nous passerons rapidement sur la grosse farce (si seulement cela pouvait être risible) que représente le dossier des routes. 20 ans pour la liaison avec l’A75, 15 ans pour la liaison avec Ganges … Et toujours rien. Oh ! bien sur vous allez affirmer le contraire, nous sortir des dates, des chiffres, copies de vos interventions, mais le résultat est là : aujourd’hui le désenclavement routier du Vigan n’a pas été fait.
Quand on parle de route, il faut également parler de transports publics. Actuellement, 2 heures en moyenne pour rallier Montpellier ou Nîmes. Il semble indispensable de mettre en œuvre des transports en commun dignes de ce nom.
Quelle que soit la situation du Vigan demain, il faut que les grandes administrations et les services publics restent présents : nous pensons à la Sous-préfecture, à la Gendarmerie, à la Poste, à l’agence EDF, au Trésor Public, aux services des Impôts, la CPAM, aux Assedics, à l’ANPE …
Une petite parenthèse concernant l’ANPE : comme vous le savez, actuellement c’est le nombre d’offres d’emploi qui conditionne le nombre d’agents dans une agence. Que se passera-t-il demain si nous nous retrouvons avec 300 chômeurs de plus et plus aucune offre en provenance des entreprises locales ?
Pensez aussi à des structures qui de prime abord ne semblent pas importantes mais qui assurent la cohésion sociale : la Maison de l’Ecriture, l’Ecole de Musique (passera-t-elle au statut d’Ecole départementale ?), le Cinéma, les nombreuses associations qui animent le bassin. Le classement du Vigan en Zone d’Education Prioritaire donnerai également plus de moyens éducatifs au Collège et au Lycée du Vigan pour aider les jeunes à trouver leur place dans la société.
Mettez-vous également à la place d’un entrepreneur qui voudrait s’installer sur le bassin et regardez ce que nous lui proposons : certes le cadre est agréable, mais la piscine est ouverte 2 mois dans l’année car elle n’est pas couverte, la pratique du tennis ne peux se faire qu’en extérieur, la vitesse de l’ADSL est limitée, etc. Bref il faut penser à tous ces aspects de la vie courante que regardera systématiquement toute personne désireuse de s’installer localement et d’y attirer des salariés (on parle beaucoup des professions libérales et cette clientèle là est très attentive au cadre de vie).
Parlons un peu du tourisme : nous sommes quasiment invisibles au niveau national. De nombreuses démarches individuelles existent, un Comité du tourisme a vu le jour … mais le message n’est pas très clair pour le grand public. De plus le manque flagrant de structures d’accueil nous pénalise fortement : pensez que nous ne sommes mêmes pas capables d’accueillir ne serait-ce qu’un car ! Peut-être faudrait-il faire appel à un cabinet spécialisé ? Sans remettre en cause les structures en place, des conseils extérieurs ne pourraient qu’être bénéfiques.
De nouvelles structures devront voir le jour :
« pouponnières », « pépinières » d’entreprises, toutes structures capables d’accompagner les porteurs de projets : de l’idée à la réalisation réussie.
Délocalisations de centres de formations, permettant ainsi aux chômeurs de se reclasser sans avoir à faire des trajets longs et coûteux. Ne pas prendre comme exemple le centre de formation de
la Chambre de Commerce de Ganges qui va fermer.
Pensez aux aides à la transmission, à la rénovation et au soutien du commerce et de l’artisanat local qui risque très prochainement de rencontrer de grosses difficultés. A ce propos : qui donne les autorisations au niveau de l’ouverture des grandes surfaces alimentaires ? Prenons l’exemple de l’enseigne LIDL qui compte s’installer au Vigan. A votre avis, qui fermera le premier : Intermarché ou Super U ? Est-il vraiment utile dans le contexte actuel de permettre l’ouverture de ce magasin ? Tant de salariés licenciés à terme d’un côté, tant d’embauchés de l’autre … pas terrible. Sur le même sujet il serait peut-être intéressant d’avoir A DEMEURE des antennes des Chambres de Commerce et des Métiers. En tout cas au moins sur une période de transition de plusieurs années.
Une structure d’accueil aux entrepreneurs. Ne recommençons pas l’expérience passée avec
la SOFRED lors de la dernière re-industrialisation financée par l’entreprise Well, où régulièrement des entrepreneurs potentiels était mal, voir pas accueillis du tout.
Vous le voyez : la seule bonne et vraie idée qu’il faut mettre en œuvre est bien celle d’une CELLULE DE CRISE, cellule co-gérée par les acteurs locaux certes, mais dans laquelle nous devons tous être impliqués, chacun avec son niveau de responsabilité. Au vu du passé, il nous semble indispensable que cette structure soit une structure étatique ou du moins contrôlée par l’état. Cette cellule devra fonctionner certainement de nombreuses années. Le Comité de Pilotage proposé par M. Mancini est-il la bonne structure ? En tout cas les financements devront arriver rapidement, ne serait-ce que parce que nous imaginons mal une structure sans personnel permanent …
Une suggestion forte : faites classer le Vigan en « zone Franche », la situation actuelle comme celle à venir, justifient à elles seules cette décision.
Tout ceci aura un coût. Un coût très important et largement supérieur aux capacités financières de la seule Communauté de Communes. Il est clair, que vous tous : représentants de l’Etat, de la Région, du Département, de la Communauté de Commune, des Chambres consulaires …, vous devez vous engager sur cet point, honnêtement, publiquement et sachez que tous les habitants du Vigan vous attendent au niveau de vos actes.
Nous terminerons en vous disant que nous avons des doutes sur votre capacité à mettre en œuvre les moyens nécessaires au sauvetage de ce bassin d’emploi sinistré. Rappelez-vous : les mêmes réunions avec les mêmes personnes ont eu lieu il y a 8 ans et il y 3 ans lors des plans sociaux précédents. Rappelez-vous vos propos de l’époque et regardez les résultats autour de vous…
Nous attendons de votre part des actes forts pour retrouver la confiance en nos institutions. En tout cas sachez que nous ne vous oublierons pas et que nous suivrons de très prés tous vos discours et tous vos actes.